Quel est le salaire d’un Menuisier et son évolution de carrière ?

La mission d’un menuisier est de créer des objets/meubles en bois, de les installer chez les clients et d’en assurer la réparation. Mais quel salaire touche-t-il pour faire son métier ? Comment peut-il évoluer au cours de sa carrière ?

Menuisier

1. Combien gagne un Menuisier, rémunération, primes
2. Évolution professionnelle d’un Menuisier

1. Combien gagne un Menuisier, rémunération, primes

1.1 Salaire du Menuisier Salarié

Les entreprises spécialisées dans la menuiserie doivent respecter la “Convention Collective Nationale (CNN) des menuiseries, charpentes et constructions industrialisées et portes planes”.

Ce texte de loi encadre les conditions de travail des salariés, notamment leur rémunération minimale selon les compétences et l’expérience du menuisier. L’employeur est tenu de respecter les grilles de salaires en vigueur.

Ainsi, un menuisier qui a le statut d’ouvrier – employé perçoit nécessairement un salaire égal au plus élevé de ces deux montants (pour 151,67 heures mensuelles) :

  • le SMIC, fixé nationalement,
  • le salaire minimum fixé par la CNN menuiserie-charpente : 1.499€ brut par mois depuis 2017 (1.169€ net), montant qui peut varier selon les accords de branche.

Après quelques années de carrière, sa rémunération mensuelle brute se situe entre 1.500€ (1.170€ net) et 1.770€ (1.381€ net).

Si le menuisier devient technicien ou agent de maîtrise, il peut gagner jusqu’à 2.616€ brut par mois (2.040€ net).

Mais c’est le statut de cadre qui lui permet d’atteindre la rémunération la plus intéressante en tant que salarié : entre 2.575€ brut par mois (2.009€ net) et 4.070€ brut par mois (3.175€ net) selon la CNN 2017.

En plus de ce salaire de base, le menuisier perçoit une prime d’ancienneté qui va de 36€ par mois pour les ouvriers – employés à 377€ par mois pour les techniciens et agents de maîtrise. Généralement, son employeur lui verse aussi des indemnités de déplacement.

Les heures supplémentaires effectuées par le menuisier salarié sont soit :

  • récupérées sous la forme d’un repos compensatoire,
  • rémunérées.

La Convention Collective fixe une majoration des heures supplémentaires de 10% minimum. Si ce n’est pas le cas, une majoration de 25% est automatiquement appliquée pour les 8 premières heures de dépassement, 50% au-delà.

Le menuisier employé peut effectuer jusqu’à 220 heures supplémentaires par an.

Les menuisiers salariés profitent de 2 jours et demi de congés payés par mois et ne travaillent pas les jours fériés. La CNN peut prévoir des congés en plus.

Les salariés dans la menuiserie peuvent aussi s’absenter pour des événements exceptionnels :

  • décès d’un conjoint : 3 jours de congés payés,
  • mariage d’un enfant : 1 jour de congé payé, etc.

1.2 Rémunération d’un Menuisier Indépendant

La rémunération du menuisier indépendant dépend de son portefeuille clients, de ses tarifs, du montant de ses charges et de sa situation géographique.

Un menuisier indépendant qui exerce dans la région parisienne applique un taux horaire plus élevé qu’un artisan en province.

Certains menuisiers ont du mal à se verser un salaire tandis que d’autres gagnent jusqu’à 5.000€ net par mois, surtout en fin de carrière.

Le menuisier indépendant exerce généralement sous le statut de la micro-entreprise : il ne paye pas de charges tant qu’il ne facture pas.

Quand son activité commence à fonctionner, il verse 22% de son Chiffre d’Affaires (CA) à l’URSSAF (cotisations sociales).

Un menuisier à son compte doit déduire toutes les charges et les frais pour obtenir sa rémunération nette : loyer, frais de fonctionnement, déplacement, outillage, etc.

Il est dispensé du paiement de la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) s’il travaille seul, avec l’aide d’une main d’œuvre familiale ou d’apprentis sous contrat.

2. Évolution professionnelle d’un Menuisier

Pour faire évoluer son poste, le menuisier peut décider de se spécialiser pour devenir cuisiniste, baniste (salles de bain), monteur de décors, réparateur de bateaux, de parquet, …

Certains menuisiers valident une certification professionnelle pour devenir ébéniste, ce qui demande plus de précision dans le travail du bois.

Il existe également des Certifications de Qualification Professionnelle (CQP) pour faire reconnaître son savoir-faire en tant que menuisier :

  • CQP Opérateur de finition de l’ameublement,
  • CQP Conducteur de travaux en menuiserie de bâtiment et d’agencement, etc.

Après quelques années d’expérience, le menuisier évolue vers un poste de technicien, responsable d’atelier ou contremaître. S’il n’est pas à son compte, il peut devenir chef d’une entreprise artisanale.

Le menuisier indépendant peut décider de se spécialiser, d’embaucher d’autres menuisiers sous sa responsabilité ou devenir formateur en menuiserie.

S’il se spécialise dans l’installation d’isolations thermiques (double vitrage, …), il peut demander le label “Reconnu Garant de L’Environnement” (RGE) et remporter plus de chantiers.